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Suksday,

Aujourd’hui on va raconter notre passage dans la capitale du Cambodge : Phnom Penh. Notre arrivée en bus sera assez amusante déjà à cause de la taille de la ville (pas de concept de banlieue ici, les maisons se construisent autour du noyau principal jusqu’à plus soif) et à cause du 1er rapport au TukTuk qu’on a eu. On est équipé Aude et moi d’un GPS sur nos téléphones et de cartes avec adresses … On s’en sert quand on arrive dans une ville pour pas se faire en***** sur le prix du TukTuk pour aller à notre destination. On voit qu’on est qu’à 3 rues de notre point final mais les sacs sont trop gros et les trottoirs pas très praticables. On décide de prendre un tuktuk. On nous annonce 8 dollars et Aude explose de rire. Le mec pas décontenancé nous montre une carte avec notre point de départ et d’arrivée. Pas de chance pour lui, la carte on l’a déjà vu et le point d’arrivé n’est pas du tout celui qu’on nous montre. On va négocier 2$ au final (et c’était déjà trop cher) mais je vous raconte cette histoire car c’est typique de l’Asie et du rapport au touriste qui existe ici (en même temps en France les taxis font la même aux touristes … mais j’aime pas ça quand même)

Phnom Penh nous a fait de la peinePhnom Penh nous a fait de la peine

Bon notre but dans cette ville sera de :

  • Trouver une boulangerie ! On en a marre du « fried rice » et on veut manger un sandwich et des viennoiseries (bordel) !
  • Aller au « killing field » de Phnom Penh … l’histoire du pays va commencer à se dévoiler pour nous
  • Finir par le « S21 » célèbre lycée transformé en prison « politique » pendant le régime des Khmers rouges. Il est aujourd'hui devenu le musée du génocide.

Je vais zapper la boulangerie et notre moment nutrition à la française car l’intérêt est quelque peu limité mais je vais quand même résumer le tout en une phrase : putain qu’on bouffe bien en France !

On part pour les « killing field » en TukTuk. Ce sera le début de notre apprentissage de la sombre histoire du Cambodge. Je vais résumer l’histoire Khmer rouges pour ceux qui ne savent pas se qui s’est passé et selon ce qu’on a appris ici. Déjà avant de faire ce « killing field » et de lire quelques explications sur internet, je connaissais juste le nom Khmer rouge et qu’il s’était vaguement passé quelque chose de sinistre mais sans plus de détails. Faisons simple :

  • de 76 à 79, ¼ de la population du Cambodge s’est vu torturer, tuer et massacrer.
  • La propagande Khmer rouge était pour faire simple : le « bas » peuple doit reprendre le pouvoir donc toute forme « d’intellectualisme »a été pourchasser pendant ces années (exemple : porter des lunettes faisait de vous un ennemi du peuple)
  • Ces massacres se sont passés entre cambodgiens, on tuait ou dénonçait son voisin
  • Les méthodes employées furent horribles (fracassage de bébé contre les arbres, égorger des gens avec des feuilles de palmier, humiliations, tortures et j’en passe)

Je ne raconterai pas tout ce que j’ai vu, entendu ou lu mais comme dernière précision j’ajouterai que les 3-4 cerveaux du mouvement Khmer rouge ont fait leur études en France et ont commencé à écrire et penser leur « projet » dans notre pays. Certains « intellectuels » français se sont même permis de dire que le mouvement Khmer rouge était une bonne chose car il résistait à l’impérialisme américain … ils auraient peut être du lire les écris de Polpot et ses comparses avant d’ouvrir leur bouche.

Pour décrire le « killing field » en lui-même c’est un peu compliqué, il ne reste pas grand-chose sinon des fosses communes et un mausolée érigé en la mémoire des personnes mortes pendant cette sombre partie de l’histoire et qui contient l’ensemble des cranes retrouvés. Ce qui est intéressant c’est l’audio guide donné au début de la visite qui explique ce qui se passait dans le camp. Certains survivants racontent leur histoire également. On apprend vite que personne à l’époque ne savait ce qui s’y passait par des moyens très « ingénieux » : on camoufle le bruit par des chants révolutionnaires et on cache l’odeur en recouvrant les corps d’engrais utilisés par les paysans aux alentours. Moment très fort et très dur, on s’est pas trop parlé avec Aude pendant le trajet du retour.

Phnom Penh nous a fait de la peinePhnom Penh nous a fait de la peinePhnom Penh nous a fait de la peine
Phnom Penh nous a fait de la peinePhnom Penh nous a fait de la peine

On s’est ensuite fait déposé au « marché russe » qui n’a pas grand-chose de russe en passant. En gros c’est rempli de vêtements, bijoux, bouffe et de pièces pour réparer les voitures/moto/vélo. Aude avait dans l'idée de trouver un pantalon léger mais tous ceux qui l'intéressaient étaient trop petits (hou elle était fâchée) !

Ça nous aura permis de faire une petite pause.

Phnom Penh nous a fait de la peinePhnom Penh nous a fait de la peinePhnom Penh nous a fait de la peine
Phnom Penh nous a fait de la peinePhnom Penh nous a fait de la peine

On a continué à pieds jusqu’à la prison S21. Comme le « killing field », il ne reste pas grand-chose, seules quelques cellules sont restées et de nombreuses photos des milliers de personnes passées par là. En gros, on enfermait et torturait des « ennemis » au régime Khmer rouge ici. Seules 7 personnes sont sorties vivantes de cet endroit lors de la libération par les vietnamiens. Point subtile et moche, le directeur de cette « prison » est toujours en cours de jugement pour crime contre l’humanité. Comme presque tous les responsables du régime de l’époque il n’a pas été inquiété pendant longtemps.

Phnom Penh nous a fait de la peinePhnom Penh nous a fait de la peinePhnom Penh nous a fait de la peine
Phnom Penh nous a fait de la peinePhnom Penh nous a fait de la peine
Phnom Penh nous a fait de la peinePhnom Penh nous a fait de la peinePhnom Penh nous a fait de la peine

Un fait intéressant sur le régime est que suite à la « libération » par les vietnamiens en 79, les représentants Khmer rouge ont siégé à l’ONU jusqu’en 90 car les Etats-Unis et beaucoup d’autres pays de l’ONU ne voulaient pas voir de représentant vietnamien à leur table et on donc préféré avoir les plus grands bouchés de l’histoire cambodgienne à la place …

Autant vous dire qu’on est sorti de cette journée un peu déprimé de par l’horreur et le rôle des pays occidentaux dans cette histoire.

On repartira le lendemain pour un endroit moins sombre : Kep, aussi appelé Kep sur mer ! mais ça c’est une autre histoire.

En prime, quelques photos de PP !

Phnom Penh nous a fait de la peinePhnom Penh nous a fait de la peinePhnom Penh nous a fait de la peine
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Tag(s) : #Cambodge